Centrafrique: crispation du climat politique à l’approche de la présidentielle
Bangui 3 Mai 2025—(Investir en Centrafrique): On assiste malheureusement aujourd’hui à une crispation du climat politique en République centrafricaine, à l’approche des élections locales et présidentielles. C’est une situation qui expose les tensions entre l’opposition et le parti au pouvoir.
Au moment où la République centrafricaine prépare les élections locales et présidentielles vers fin 2025, le climat politique se tend de manière significative. Cette crispation résulte d’un contexte politique fragile, d’institutions encore en quête de légitimité, et de tensions historiques entre le parti au pouvoir et une opposition. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la stabilité du pays et à la crédibilité du processus électoral dans un contexte politique déjà tendu.
En effet, la République centrafricaine sort à peine de plusieurs années de conflits armés et d’instabilité institutionnelle. Bien que des efforts de réconciliation, de pacification et de stabilisation, aient été engagés, la méfiance entre les acteurs politiques reste vive.
Le changement d’une nouvelle constitution en aout 2023 est dénoncé par l’opposition de manœuvres antidémocratiques permettant au président Touadera de se maintenir au pouvoir.
Pendant ce temps, le pays dispose d’une opposition en difficulté. Elle se plaint de restrictions dans l’organisation de ses activités politique, comme le cas de meeting boycotté le samedi dernier par les partisans du pays au pouvoir .
Par ailleurs, les figures de l’opposition dénoncent un processus électoral biaisé, notamment la composition de l’Autorité nationale des Elections, le découpage électoral, listes électorales non transparentes.
De l’autre, on observe le rôle ambivalent du pouvoir en place. Le parti au pouvoir met en avant des arguments de sécurité et d’unité nationale fragile pour justifier certaines restrictions.
Au milieu de cette tension, se trouve une société civile centrafricaine prise entre deux feux. Elle tente de jouer un rôle d’arbitre et de gardien du processus démocratique. Toutefois, les pressions politiques freinent ses actions. Certains acteurs, notamment religieux et associatifs, appellent au dialogue et à une transition pacifique.
Si les tensions ne sont pas désamorcées, le pays risque de basculer dans une nouvelle crise post-électorale. Car, un processus électoral non inclusif pourrait décrédibiliser les résultats et raviver les tensions. Ainsi, la communauté internationale est appelée à jouer un rôle de garant pour assurer un climat électoral apaisé.
Aujourd’hui, cette crispation politique à l’approche des élections locales et présidentielles reflète les défis d’une démocratie encore fragile. Le dialogue entre opposition et pouvoir, la neutralité des institutions électorales, et l’implication d’acteurs indépendants seront essentiels pour éviter une nouvelle crise. Car, la RCA a besoin de stabilité pour poursuivre son chemin vers la paix et le développement durable.



