Bangui 17 juillet 2025–Investir en Centrafrique : En République centrafricaine, la paix n’est plus seulement un idéal, elle devient progressivement un levier économique. Depuis plusieurs mois, le programme national de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) s’accélère dans plusieurs préfectures, entraînant une amélioration sensible du climat sécuritaire.
C’est le début d’un changement qui commence déjà à influencer les investissements locaux et étrangers suite aux accords de N’djamena conclus entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés, notamment l’UPC et les 3R.
Dans des zones naguère sous contrôle de groupes armés, les armes se taisent peu à peu. Les ex-combattants déposent leurs fusils pour des outils agricoles, artisanaux ou encore pour des formations professionnelles.
«Le désarmement est la première pierre pour bâtir un marché stable et attractif», explique un expert économique du ministère du Plan, souhaitant garder l’anonymat.
Selon lui, l’arrêt des violences libère non seulement la circulation des biens et des personnes, mais aussi la confiance des opérateurs économiques.
Le début de ce processus présente déjà des signes concrets sur le terrain. À Bambari, Maloum ou encore Kaga-Bandoro, par exemple, d’anciens axes minés par des actes de banditismes voient aujourd’hui passer des camions de marchandises en toute quiétude.
Les commerçants reviennent, les marchés renaissent et les activités commerciales vont bon train. La Banque mondiale et plusieurs partenaires au développement ont engagé des programmes d’appui aux petites et moyennes entreprises, tandis que de nouveaux investisseurs agricoles prospectent déjà les terres fertiles du pays.
«Avant, on ne pouvait pas investir un seul franc ici, tout pouvait être pillé du jour au lendemain. Maintenant, nous avons repris nos activités et même embauché du personnel », témoigne fièrement Jean-Baptiste Zokou, gérant d’une coopérative du café à Bambari.
Ce programme de DDR a un effet d’entraînement sur l’économie nationale. Ce qui fait que le gouvernement, de son côté, multiplie les appels aux investisseurs.
Du point de vue des experts, la paix retrouvée grâce au DDR crée un environnement propice au capital privé et à l’emploi des jeunes. Des chantiers d’infrastructures des routes, ponts, centrales solaires, démarrent ou reprennent après des années d’abandon du fait de violences armées.
Les analystes parlent déjà d’une « économie de la paix », où chaque arme déposée est synonyme d’un champ cultivé, d’un commerce ouvert ou d’une école reconstruite.
Il y a dans ce processus des défis et perspectives. Car, la réinsertion des ex-combattants demande des moyens conséquents. Mais la dynamique est enclenchée. Les experts estiment qu’en poursuivant le désarmement et en renforçant les réformes économiques, la RCA pourrait devenir, d’ici quelques années, une plateforme incontournable pour les investissements en Afrique centrale.
En clair, le désarmement ne signifie pas seulement la fin des conflits. il représente aussi l’aube d’une nouvelle ère économique où la paix devient un actif stratégique pour la République centrafricaine.



