EconomieInvestissement
A la Une

Paris–Bangui: quand l’argument économique d’Air France de suspendre ses vols ne résiste pas aux faits

Bangui 14 Janvier 2026—(Investir en Centrafrique): La menace brandie par Air France de suspendre la liaison Paris–Bangui interroge, et même plus. Elle intrigue, elle dérange et elle appelle un examen rigoureux. 

Comment une compagnie aérienne peut-elle invoquer des raisons économiques pour justifier un éventuel retrait alors que les vols sont régulièrement complets et que, dans le même temps, d’autres transporteurs aériens renforcent activement leur présence en République centrafricaine ?

Les faits sont têtus. Ethiopian Airlines assure désormais des vols quotidiens, sept jours sur sept, traduisant une confiance manifeste dans le potentiel du marché centrafricain. Royal Air Maroc, de son côté, ne se contente pas de maintenir la liaison. La compagnie marocaine l’élargit, l’améliore et la porte à trois vols directs vers Bangui, avec une offre plus compétitive et mieux adaptée aux voyageurs. Ces dynamiques contredisent frontalement le discours d’Air France sur une prétendue non-rentabilité du tronçon.

Dès lors, une question s’impose. De quoi parle-t-on réellement ? D’une analyse économique objective ou d’un récit construit pour justifier une décision déjà prise ? Les informations faisant état de rapports économiques biaisés, voire mensongers, produits localement pour noircir artificiellement l’image de la liaison Paris–Bangui, renforcent le doute. Si ces pratiques étaient avérées, elles relèveraient non pas de la gestion aérienne, mais d’une stratégie de retrait aux motivations autrement plus politiques que financières.

Ce discours alarmiste s’inscrit, pour beaucoup d’observateurs, dans une rhétorique dépassée, empreinte d’un regard condescendant sur la Centrafrique. Une rhétorique qui peine à accepter que le pays ne soit plus captif d’un seul partenaire historique et qu’il diversifie désormais ses alliances, ses routes et ses opportunités. L’Afrique change, la Centrafrique aussi, et certaines compagnies semblent l’avoir compris mieux que d’autres.

Derrière la question aérienne se profile un enjeu plus large. L’isolement ou l’ouverture d’un État africain relève-t-il encore du bon vouloir de quelques acteurs extérieurs ? La suspension d’une liaison stratégique, sous couvert d’arguments économiques fragiles, peut-elle être perçue comme un moyen de pression indirect sur un pays et ses dirigeants ?

La Centrafrique n’est plus condamnée à l’enclavement. L’intérêt croissant d’autres compagnies prouve que Bangui est une destination viable, stratégique et porteuse d’avenir. À l’heure où le ciel centrafricain s’ouvre à de nouveaux partenaires, toute tentative de fermeture apparaît non seulement injustifiée, mais anachronique.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page