Société

Centrafrique: « Lê ti Béafrika » s’investit pour l’essor du cinéma national à travers l’atelier « Écrire à Bangui »  

Bangui, 5 août 2025–Investir en Centrafrique: En République centrafricaine, l’espoir d’un renouveau cinématographique prend forme grâce à l’engagement de l’association Lê ti Béafrika, dirigée par Pascale Appora.

À travers son atelier intitulé « Écrire à Bangui », soutenu par l’ambassade de France à Bangui, l’organisation pose les bases d’un cinéma national ambitieux, en formant une nouvelle génération de scénaristes et de réalisateurs.

Organisé dans la capitale centrafricaine avec des déplacements dans les localités non loin de Bangui, cet atelier d’écriture scénaristique propose aux jeunes talents du pays une initiation professionnelle aux techniques narratives du 7e art. 

Il s’agit donc, selon Pascal Appora, de structurer un secteur encore fragile, mais riche en potentiel, tout en créant les conditions d’un véritable épanouissement culturel local.

«Notre objectif est de pouvoir pérenniser cet atelier, car nous nous sommes dit que nous voulions faire quelque chose de local, fait en Afrique centrale, et qui puisse durer dans le temps. Jusqu’à présent, il y avait des formations ponctuelles qui arrivaient, mais cela ne se poursuivait jamais. Nous, nous avons voulu lancer quelque chose qui parte d’une initiative locale, et aussi le pérenniser », a indiqué Pascal Appora, cheffe de programme de l’Atelier dit « Ecrire á Bangui ».

L’objectif affiché par  l’association Lê ti Béafrika en langue nationale centrafricaine, le Sango, ou encore les yeux de la Centrafrique en français, est de stimuler la créativité, offrir un encadrement professionnel, et de contribuer à l’émergence d’un cinéma centrafricain ancré dans ses réalités sociales et culturelles. 

«Pour nous, c’est vraiment d’avoir des scénaristes capables d’écrire des films, pour que, demain, si des films doivent sortir de la Centrafrique, nous n’ayons pas besoin d’aller chercher une voix ailleurs, mais que nous ayons une voix locale, dans le pays et dans la région», a renchérit Apora.

Lê ti Béafrika, fidèle à sa mission, milite ainsi pour une représentation authentique des voix locales à l’écran, tout en tissant des ponts entre les jeunes artistes et les circuits de production. 

La troisième édition de l’atelier qui vient de prendre fin par une cérémonie de remise de certificats aux participants ce mardi 5 Aout 2025 à l’hôtel Kitika à Bangui, s’est étendue aux jeunes du cinéma des pays limitrophes de la République centrafricaine, notamment le Cameron et les deux Congo. Venue du Cameroun, Sorelle Kemayou se réjouit de sa participation à cette formation. 

«Ce fut un honneur, puisque c’était ma première fois en Centrafrique, et être dans un nouveau pays, c’était à la fois l’occasion de faire ce que j’aime écrire, mais aussi de découvrir un autre pays, voisin du mien. Ce fut un grand honneur de pouvoir participer à l’Atelier Écrire à Bangui», se réjouit Sorelle Kemayou.

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement de revitalisation artistique plus large en Centrafrique, où la culture est de plus en plus perçue comme un levier de cohésion sociale, de paix et de développement économique. Elle répond également à une demande croissante de récits centrafricains, portés par des auteurs capables de raconter leur pays de l’intérieur. 

Le pari de Lê Ti Béâfrika qui est aujourd’hui à sa troisième édition est que la plume des jeunes centrafricains devienne le moteur d’un cinéma qui leur ressemble, et qui rayonne bien au-delà des frontières nationales.

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