Les cahiers économiques 2025 appellent à transformer la richesse centrafricaine en prospérité durable
Bangui 25 Septembre 2025–Investir en Centrafrique: Le dernier rapport des Cahiers Économiques 2025 de la Banque mondiale dresse un état contrasté de la situation économique de la République centrafricaine.
Malgré une reprise timide avec une croissance de 1,5% en 2024, en hausse par rapport à 0,7% en 2023, le pays reste confronté à une pauvreté multidimensionnelle alarmante, touchant 65,3% de la population en situation d’extrême pauvreté.
Selon les projections, la croissance pourrait atteindre 2,8% d’ici 2027, à condition de mener à bien des réformes structurelles dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et du développement du secteur privé.
L’amélioration enregistrée en 2024 repose principalement sur l’agro-industrie et l’énergie, mais le pays a subi une grave crise énergétique au premier semestre, couplée à un déficit budgétaire de 5,5% du PIB et un risque élevé de surendettement. Si l’inflation est restée faible, une hausse progressive des prix est attendue d’ici fin 2024.
Le rapport souligne aussi l’écart marqué entre zones rurales et urbaines. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil alimentaire, ce qui accroît la vulnérabilité sociale et le risque de tensions.
La RCA dispose d’une richesse nationale évaluée à 38,7 milliards de dollars (intégrant la valeur de ses services écologiques). Toutefois, sa richesse par habitant diminue, freinée par une croissance démographique rapide. En 2020, la composition de cette richesse reposait à 71,7% sur le capital naturel, 15,3% sur le capital produit et 13% sur le capital humain.
Les forêts centrafricaines sont considérées comme un atout stratégique, à la fois écologique et économique, avec un fort potentiel pour le tourisme, la pharmacologie et la régulation climatique.
Le nouveau code minier (2024) ouvre également la voie à une exploitation plus transparente et rentable de l’or et du diamant, afin de réduire la contrebande et renforcer les recettes publiques.
Le rapport recommande trois axes majeurs pour enclencher une croissance inclusive et durable: Réinvestir les rentes minières dans le capital humain, dont l’éducation et la santé, et productif (infrastructures, agro-industrie). Accélérer l’agro-transformation et promouvoir l’agroforesterie pour diversifier l’économie et créer des emplois. Préserver les forêts et terres agricoles par la lutte contre le braconnage, le zonage et les paiements pour services environnementaux.
En parallèle, le rapport insiste sur la nécessité de filets sociaux renforcés pour soutenir les 3,3 millions de personnes en insécurité alimentaire à travers des transferts monétaires et une aide alimentaire ciblée.
Si les perspectives semblent encourageantes, de nombreux défis persistent, notamment les pénuries de carburant, l’instabilité sécuritaire, les retards de financement, les chocs climatiques et les incertitudes liées aux conflits régionaux.
Le rapport conclut que seule une gestion durable et stratégique de la richesse multidimensionnelle permettra à la RCA de transformer ses ressources naturelles en stabilité, réduction de la pauvreté et prospérité durable.



