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Le Fonds national de garantie, un levier stratégique pour financer les PME en Centrafrique

Bangui 27 Avril 2026—(Investir en Centrafrique): Dans un contexte où l’accès au financement demeure un frein majeur au développement du secteur privé, le projet de Fonds national de garantie en République centrafricaine s’impose comme un outil clé pour dynamiser l’économie. Porté par l’État avec l’appui technique du cabinet A2F Consulting, ce mécanisme ambitionne de faciliter l’accès au crédit pour les entreprises, notamment les petites et moyennes structures à travers le projet E-Compete. 

Représentant du cabinet impliqué dans la mise en œuvre du projet E-Compete, Elvis Modosako souligne que la croissance économique repose avant tout sur la capacité des entreprises à créer de la richesse. 

« Les petites et moyennes entreprises jouent un rôle central dans cette dynamique. Il faut accompagner ces structures qui créent de la valeur à pouvoir bénéficier du crédit. D’où le fonds de garantie parce que l’une des difficultés, un crédit, c’est un pari sur le futur », explique-t-il, tout en appelant à dépasser certaines idées reçues sur le secteur informel. 

Selon lui, toute activité génératrice de valeur, quel que soit son statut, contribue à l’économie nationale et mérite d’être soutenue.

Un mécanisme pour lever le verrou du financement

Au cœur du dispositif, le Fonds national de garantie vise à répondre à une problématique bien connue, notamment la difficulté pour les entreprises d’accéder au crédit faute de garanties suffisantes. Dans un environnement où le crédit repose sur une projection de confiance dans l’avenir, les institutions financières restent prudentes. « Accorder un crédit, c’est faire un pari sur le futur », résume Elvis Modosako. 

Les banques et les institutions de microfinance, qui prêtent des ressources issues de l’épargne de leurs clients, exigent donc des garanties solides afin de sécuriser leurs opérations. C’est précisément là qu’intervient le Fonds national de garantie. 

En couvrant partiellement les risques liés aux prêts, il vise à encourager les banques à financer des projets qu’elles jugeraient autrement trop risqués. L’objectif est d’accroître le volume de crédits accordés et soutenir les initiatives entrepreneuriales.

Si la mise en place du fonds traduit une volonté affirmée des autorités, Elvis Modosako insiste sur la nécessité de respecter les mécanismes du système financier. « L’État a déjà fait l’essentiel en posant les bases du dispositif », estime-t-il, tout en rappelant que l’octroi des crédits reste du ressort exclusif des banques et des institutions de microfinance.

Contrairement à certaines inquiétudes, le Fonds national de garantie n’a pas vocation à se substituer aux établissements financiers dans la sélection des dossiers. Il s’agit plutôt de renforcer leur capacité à prêter, sans compromettre les exigences de prudence imposées par la réglementation.

Vers une inclusion financière élargie

À terme, ce mécanisme pourrait contribuer à structurer davantage le tissu économique national en facilitant l’accès au financement pour un plus grand nombre d’acteurs, y compris ceux évoluant en dehors des circuits formels.

En soutenant la création de valeur et en stimulant l’investissement, le Fonds national de garantie apparaît ainsi comme un levier stratégique pour renforcer la croissance économique et favoriser une inclusion financière plus large en République centrafricaine.

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